Sur les ailes du temps tous les sentiments
traversent les murs, cessent d'être obscurs.
Un ami vous manque-t'il ?
Il vous faut suivre le fil
et le voilà, immobile,
qui plonge dans vos yeux figés.
Il revient au passé, sans verbes conjugués.
A peine est-il porté par des noms complets.
Pour autant son image est bien plus qu'un reflet :
Quand vous fermez les yeux, elle devient loi.
Sur les ailes du temps elle a traversé
les rives au-delà, et les plus grands froids.
La nuit peut s'étirer et vous vous souvenez
d'une oreille ou d'un oeil qui savait vous aimer
mais que ses heures d'angoisse avaient chassé,
le tirant en arrière au gouffre du passé.
Vous ne dormirez pas, pas cette nuit là,
veillant, apaisé, sur les ailes du temps.
Devant l'horizon ne sera que futur
et la nuit s'écrira comme une rature.
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