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Et si nous étions libres, Annick Cherville, le courrier du livre

---LA
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C'est un long roman. Un itinéraire insolite pourtant jalonné de tout ce qu'une époque typique a produit. Une jeune fille incomprise quoique libre écrit sa vie d'adolescente et voilà-t-il  pas que cela marche pour elle. Cette réussite la rend indépendante mais la laisse navrée d'être dans un monde qui ne lui parle pas.
C'est la vie qui commence pour cette bougonne de Catherine. Elle se lance en Amérique dans une vie essentiellement sexuelle saupoudrée d'artifices puissants que donnent les drogues. Mais la conscience de la vie ne s'éclaire pas pour autant.

Le videur de la nuit (extrait d'un roman à venir)

---LA
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Devant le squat, rue des martyrs, y'avait un type un peu bizarre...Et j'ai compris quand le fakir m'a dit : 

- "un ex-videur de bar..." 

Épaules larges,  peau burinée, ce qu'on voyait sur son visage,  c'était avant tout son gros nez et son regard qui portait loin, comme s'il recherchait quelqu'un sur une ligne d'horizon, en n’vous laissant entre les mains que l’impression d’être un gros con. 

La Nausée : Chapitre 2

---LA
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"Excuse-moi » m’a-t-il. « De quoi ? » lui demandai-je, le nez plongé dans un dessin à l’encre de chine, représentant un personnage mi-femme, mi-araignée, arborant un masque recouvert de symboles. « Pour ce matin ». « Quoi ?! Tu me demandes de t’excuser pour les croissants ou pour mon sauvetage d’une noyade sous un déluge d’eau glacée ? ». Il rit. « Non, pour la baffe ». Je le regardai avec une surprise telle que le fou rire nous prit. Effectivement, ma joue et mon oreille gardaient le souvenir cuisant du contact bref de sa main, mais mon âme n’en avait, elle, aucune rancœur. Je lâchai ma plume et vînt enserrer mes bras autour de sa taille. « Je vais passer le week-end chez moi, et comme d’hab’, je passerais voir Arthur ». « Sans problème ».

La Nausée

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Putain, les chiottes, merde, les chiottes !! Avant que je n’en mette partout !! J’ai attrapé la nana devant moi et l’ai envoyé valdinguer dans le couloir. Je l’ai entendu tambouriner sur la porte, gueuler puis s’éloigner sur ses talons au rythme de ses cuisses serrées qui n’avaient pas pu retenir le dégât des eaux. La pauvre fille au string trempé, à l'urine qui dégoulinait sur ses bas et à la jupe tâchée s’en était allée en pleurant comme une gamine, souillée par la honte. Je me suis retrouvée la gueule dans la cuvette, à éructer sous les spasmes violents de cette nausée qui ne me lâchait plus. Deux heures dans ce trou. Les genoux explosés, les mains dégueulasses de tout ce qui avait pu se trouver sur le rebord blanc. Rien. Rien n’est sorti. Pourtant, j’ai cru vomir mes tripes, ma merde et tout le reste. Deux heures. Jamais eau de chiottes n’avait été aussi salée.

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