IL lui avait dit qu'il aimerait être à la veille pour qu'aujourd'hui soit à nouveau demain.
Que cette journée recommence,toujours à son début avec jamais de fin sinon plus belle encore que l'instant présent.
Il l'avait souhaité avec tant d'envie ,de désirs en fermant les yeux qu'il aurait cru possible d'exaucer lui même son propre voeu;mais la journée était passée,et pire encore,plus rapide que n'importe quelle autre journée de sa vie.
"Aujourd'hui" s'est donc muté en"hier";
Hier,dix heures du matin environ,il La voit s' avancer vers lui,avec le soleil blond dans ses cheveux d'or.
Elle est bien plus jolie que sur les photographies
Elle a seize ans de moins que lui,mais il n'a pas d'âge en l'instant.Il ne la connait que par la magie de son téléphone ,mille messages et plus,et puis aussi les mots lus et relus sur l'écran dans son bureau fermé à clé à l'insus de sa femme.
Il La prend dans ses bras,La relache,il n'en revient pas;Elle est là,c'est bien Elle qu'il a pour lui jusqu'à quatre heures de l'aprés midi.
Aura t il assez le temps pour rajeunir assez vite et faire s'estomper la profondeur des rides qui entourent ses yeux brûlants.
Aura t il assez de temps pour tout lui montrer,lui donner tout ce qu'il a de bon en lui,qu'il porte dans son coeur,avec comme papier cadeaux mille et une caresses contenues dans le bout de ses doigts,dans le creux de ses mains.
Il l'écoute parler,même sa voix est un miracle dont il ne se lassera pas.
Puis il y a ses yeux,fulgurances bleues dans lesquels il s'immerge comme dans le plus profond des lagons d'Asie.
Et ses mots,ses mots à Elle,il veut boire tous les mots qu'Elle dit,et puis surtout aussi,répondre,La surprendre,ne pas se manquer,il n'a que ces quelques heures accélérées pour qu'Elle ne puisse plus jamais se passer de lui.
Elle lui raconte un peu de sa vie,Elle le passionne,il voudrait,il voudrait tant l'accompagner dans son passé pour soulager ses plus douloureux souvenirs.
Ils marchent tout prés l'un de l'autre comme se promènent des amoureux et il rêve mais ne lui dit pas.
Le long d'un canal ,il regardent les péniches , les semelles de leurs chaussures touchent la surface de l'eau quand ils s'asséyent par terre, l'un contre l'autre.
Il pose doucement sa main sur son épaule ,lui caresse le dos;Elle ne sait pas qu'il ferme les yeux pour ne rien laisser s'échapper des plaisirs de l'instant.
Puis il reprennent le chemin au hasard de leurs envies.
Parfois il lui prend le bras et puis aussi la main,et se met à rêver de ne plus la lacher.
Mais quand il La serre tout contre lui pour lui dire au revoir il a si peur de n'être pas assez rentré dans sa mémoire.IL se sent encore plus bête,plus mal,plus vieux,que d'habitude;il n'a sans doute pas été le héros qu'il aurait voulu devenir pour Elle.
Il doit maintenant La lacher,et quitter son présent,chacun dans sa voiture,quelques signes de la main,des baisers qui s'envolent portés par leur souffle,et puis s'en ai fini,aujourd'hui se rapproche d'hier,ses yeux inondés de toutes les larmes que son corps avait précieusement gardées pour noyer son chagrin.Il s'entend même crier pour lui seul sa détresse ,sa tristesse.Elle ne le voit plus ,Elle ne l'entend plus,Elle est déja loin.
Il presse contre son coeur le cadeau qu'Elle lui a donné,comme s'il tenait une pépite d'Amour,un peu de bleu de ses yeux;c'est une photo de Mano,leur copain Mano Solo,les bras grand ouverts,avec au dos cette phrase de lui qu'Elle a recopiée.
"L'espoir d'une main sur la peau qui ne soit pas qu'une main" Mano.
L'écriture qui devient floue au travers de ses larmes,comme un trésor sous la mer,est déliée,posée,jolie,jolie,jolie...
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Elle
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