Au café de l'Absinthe,
affalées sur le zinc,
les âmes ont l'habitude
des grandes solitudes.
Leurs bouches pendant des heures
parlent sans s'ouvrir
et on les entend rire
sans les voir s'unir.
Au café de l'Absinthe
le patron est des leurs.
Quand sa journée l'éreinte
il quitte son labeur,
pose un coude sur le zinc
et se met à sombrer
dans la nuit des tropiques
que les autres ont conté.
Et puis le café ferme
les clients sont figés
dans leurs têtes les germes
poussent en félicité.
Le lendemain matin
le patron déssoulé
ouvre grand le café
pour une autre journée.
Les clients sont restés
à leur place inchangée
quand la journée s'éteint
et que s'en vient la faim.
Le café de l'Absinthe
vit dans l'éternité
d'un marbre de Corinthe
en terre décalée.
Du soir jusqu'au matin
on y entend parler
des voix venant de loin,
peut-être déjà passées....
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Verlaine,Rimbaud trinquent en faisant tinter leurs verres.
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Le temps d'un café
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L'absente de tout bouquet
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