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poème

Donner voix au silence

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L’infini trop près pour pouvoir le voir

L’immense à portée de main

L’éternel ici présent

les cordons se déchirent

---LA
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les cordons se déchirent

je tombe

comme c’est doux

Je suis

---LA
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Je suis un bord de rue

sur le fil d'un rasoir ;

Je suis la marche du trottoir

qui ondule du cul.

 

Je suis l'oiseau qui piaille

de faim, de froid et d'espoir ;

Je suis toute la gouaille

du peuple des grands Soirs.

 

Je suis vagabond -

voyageur de la tête ;

Je suis le furibond -

pauvre futur squelette.

 

Je suis contre ce monde

en colère d'esthète  ;

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